Se lever alors que dehors il fait encore nuit et que la moitié de la France est encore dans son lit...
Braver le froid pour retrouver sa monture et se rendre compte que celle-ci s'est roulée 10 fois pendant la nuit et est couverte de boue et de crottin... La machine à café qui nous lâche...
La charmante monture qui refuse d'embarquer dans le camion et qui vous écrase les pieds une petite dizaine de fois...
2h de route pour se rendre au concours en compagnie de gens aussi stressés et tendus que nous... ambiance de folie...

Arrivé au concours après s'être perdu 3 fois et se rendre compte que la reconnaissance est finie depuis une demi heure...
Seller la monture, "il est OÙ mon tapis ??!!", "QUI a pris ma cravache ???!!"
Trouver un tapis de rechange, une nouvelle cravache et essayer d'effacer la tache qu'on a fait sur le pantalon blanc...
La buvette qui est encore à cours de café...
La monture qui s'arrête 6 fois sur l'oxer du paddock, le moniteur en retard, les gens qui ne savent pas ce que c'est une priorité, "numéro 10 en piste !!" "ah bon déjà ? mais j'ai pas encore passé le vertical.."
Les bottes en cuir qui font mal, la chemise qui tient trop chaud...

Et enfin, enfin, ENFIN : Le parcours!! Une minute 30 de pure intensité (20€) : le 1... le 2.... la bombe qui tombe... le 3... on tourne... le 4... le...5....LE 5, IL EST OÙ LE 5 ??!!! Ah il est là ! "driiiiiiiing!! Mademoiselle vous êtes éliminée.." C'était le 8 en fait... Fin du tour...

Desseller la monture qui maintenant s'impatiente et vous donne des coups de tête... Toujours pas de café...
Regarder ses coéquipiers qui eux n'ont pas oublié leur parcours, n'ont pas taché leurs pantalons, et ne font pas de georgette...
Essayer d'acheter un sandwich à la buvette "un quart d'heure d'attente pour les frites, plus de jambon beurre, par contre on en a au brie..."
Débriefing du coach qui nous dit que si on avait sauté tous les obstacles comme le premier on aurait surement gagné l'épreuve...
Apporter un seau d'eau à la monture qui n'a pas soif mais trouve cela très amusant de le renverser sur vos baskets..
Le café ?? non... Oh! Il pleut... Découvrir qu'un pantalon blanc une fois mouillé devient transparent...

C'est enfin la fin de la dernière épreuve, ranger la monture dans le camion (qui étrangement ne fait aucune résistance pour y monter...), rassembler ses affaires, embarquer dans la première voiture venue et retour au club !
Dans la voiture nos coéquipiers retracent leurs parcours, très fiers d'eux (oui EUX ils sont allés plus loin que le numéro 4..)
Arrivé au club, on décharge la monture, puis ses affaires qu'il va falloir nettoyer à cause de la boue...
Enfin, on monte dans sa voiture et on rentre chez nous...
Il est 21h, (on s'est levé à 5h), c'est dimanche soir... Il faut bosser demain ?!!

Non ! C'est une blague bien sur!! Tout le monde ici sait très bien que les choses ne se passent pas tout à fait comme cela, en effet que serait le concours, sans les parties de rigolades entre amis, le plaisir de voir son cheval tout beau avec un joli tapis, la sensation de classe que l'on a dans sa veste de concours, l'adrénaline du parcours, les crêpes au nutella ,les journées trop courtes, les trajets en voiture où on chante, le bonheur de critiquer les autres du bord de la piste avec ses copines...

À quoi ressembleraient ces journées sans la fierté que l'on a pour soi et son cheval après un tour, sans les coups de soleil que l'on attrape l'été, les bières que l'on boit, les gens qu'on rencontre, le stress avant de passer, le photographe qui nous rend beau, les découvertes que l'on fait, les discutions dans l'herbe, la canette de coca à la fin du parcours, et les félicitations des amis...
Et surtout ,surtout à quoi cela ressemblerait-il sans cette irrépressible envie d'y retourner encore et encore une fois que l'on est rentré chez soi?

Le concours c'est tout cela et bien plus encore, c'est pour ça qu'on y retourne malgré tout et qu'on y retournera toujours.

Les écuries d'Abako vous souhaitent donc une excellente saison et surtout bonne chance à tous!!

texte : Elise Pons